Sur les traces des premiers chrétiens d’Irlande

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La cité monastique de Glendalough remonte au 6e siècle

À quelques centaines de kilomètres au sud de Dublin se trouve le site de Glendalough. Pour ceux qui auront déjà visité l’Irlande, peut-être que ce nom vous parlera. Il s’agit d’une réminiscence de l’époque des premiers chrétiens. Kévin,  abbé depuis canonisé, arriva à Glendalough à la recherche de solitude et de piété. Après quelques années à vivre en ermite, il y fonda un monastère et y construisit la première église  catholique du pays au 6e siècle.

Au fil du temps, le monastère s’étendit. Aujourd’hui, les ruines de sept églises, d’une cathédrale médiévale (l’une des plus grandes de l’époque) et d’une tour ronde (utilisée pour appeler les moines pour la prière) résistent tant bien que mal à l’épreuve du temps. Rapidement, les pèlerins affluèrent à Glendalough, faisant de ce lieu l’un des plus célèbres d’Europe.

Prendre l’ancien, y construire du nouveau.
La civilisation celte était largement installée lorsque la chrétienté chercha à s’y faire sa place. De ce fait, il n’est pas étonnant de retrouver des traces celtes en suivant les pas des premiers chrétiens d’Irlande. Comme à Glendalough où l’une des églises du site aurait été construite sur la tombe du chef du clan O’Toole. Une ancienne famille irlandaise qui descend d’un des rois de Leinster, Tuathal mac Augaire. Ils mèneront d’ailleurs quatre siècles durant une résistance farouche face à l’envahisseur anglais.
L’ordre monastique irlandais fut appelé à devenir l’administration centrale de la société irlandaise, en lieu et place des tuath. Un tuath était le regroupement de plusieurs clans sur un territoire donné. A la tête de ce tuath, une famille. Les monastères fonctionnèrent sur un système similaire. Avec pour exemple Iona. Iona est une île sur laquelle Saint Colm Cille fonda un ordre monastique. La légende veut qu’il y serait arrivé avec douze compagnons. Dix de ces douze abbés auraient été  des descendants du fondateur du lieu : Saint Colm Cille.

Saint Patrick et The rock of  Cashel

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Ancienne capitale du pays, Cashel est dominée par son « Rock », qui contient la plus ancienne chapelle romane d’Irlande. Eogan Mor était le fondateur de la lignée royale de Cashel, au 4e siècle après Jésus-Christ et régnait sur la majeure partie du sud du pays. Lorsque ses descendants, les Eoganacht, remirent ce lieu entre les mains de l’Eglise, une tour ronde de 28 mètres de hauteur fut construite. C’était en 1101. C’est dans ce comté que les premiers irlandais furent convertis au christianisme.
Saint Patrick, grand patron des irlandais, se rendit d’ailleurs sur les lieux. Sa croix s’y trouve toujours, marquant son passage. Chose étonnante : sur sa face nord est représenté le labyrinthe du minotaure…
Premier chrétien d’Irlande s’ il en est  Patrick a été enlevé par les Irlandais alors qu’il n’était qu’un jeune garçon. Ces derniers avaient pour habitude de réaliser des raids vers les territoires voisins pour ramener des esclaves. Patrick garda des moutons pendant six ans, lui laissant le loisir de réfléchir sur ses croyances et sa foi. Il finit par s’ échapper et retourna auprès de sa famille, mais rapidement, il fut hanté par des visions d’Irlandais lui demandant de revenir auprès d’eux. Ce qu’il fit, avec pour mission de convertir le pays. Saint Patrick est réputé pour avoir chassé tous les serpents du pays (ainsi pas de serpents en Irlande mais ce n’est guère étonnant). En réalité il s’ agirait plutôt d’un symbole pour signifier la fin des cultes païens (les serpents étant souvent représentés dans les légendes de ces anciennes religions). L’histoire de Saint Patrick a été contée… par lui-même,  dans ses Confessions. Le premier document qui ne fut pas rédigé en Ogham mais en latin.
La fin d’une ère.

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