Le tourisme du tissage de Patabamba

Patabamba est un village colonial, créé par les Espagnols. Il est situé à environ 3-4 heures de marche de Cuzco, au milieu des montagnes. Là-bas, la langue principale, c’est le quechua,  mais quelques mots d’espagnol sont tout de même prononcés,  pour les touristes. Quelques uns trouvent la route de Patabamba chaque année pour observer le savoir-faire ancestral des femmes du village : le tissage. Une technique traditionnelle qui remonte à l’époque des Incas et a été transmis de mère en fille depuis des générations. Pendant que les hommes travaillent la terre, les femmes tissent. Ainsi va la vie ici.
Pourquoi choisir de transformer ce village colonial en vitrine du tissage artisanal ? L’environnement. Idéal pour l’élevage de moutons ou lamas dont la laine est recueillie. Ici poussent aussi de nombreuses plantes qui serviront à la coloration de la laine (Chillqua, kollpa) mais on trouve aussi du sel de limon ou encore des cochinilla, ces insectes qui vivent sur une variété particulière de cactus et qui, une fois séchés et écrasés,  produisent une poudre rouge/bordeaux qui n’a rien à envier aux industriels.

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Tous les ingrédients sont réunis pour colorer la laine.

Un fonctionnement bien rodé
Dans ce village, tout le monde met la main à la pâte. Quatre à huit familles travaillent de concert cinq jours sur sept, cinq heures par jour. Pendant que certaines vont chercher les plantes nécessaires, d’autres travaillent la laine ou les produits : sacs, chapeaux ou manteaux traditionnels, bonnets, porte-feuille… ce fonctionnement se perpétue dans un mouvement de rotation. Et si l’agriculture sert à la consommation personnelle du village, le tissage est bel et bien le moyen de vivre.

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Après avoir découpé la laine (de mouton, lama ou alapaga), vient le moment de la filer

Chaque année,  ce sont près de 200 touristes (pour la plupart français) qui se rendent à Patabamba. Ils y assistent à une démonstration de ce savoir-faire traditionnel et sont même invités à y participer. Au delà du tourisme on constate tout de même la tradition à travers toutes les étapes du processus. Les images tissées sur les sacs ou écharpes par exemple en sont l’illustration parfaite : une fleur de pomme de terre, symbole de leur agriculture principale, la lune, sacrée chez les incas, le chemin inca qui relie Cuzco à Patabamba, la croix andine…

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Impressionnante technique qu’est celle du tissage, surtout en sachant qu’il s’agit d’un savoir transmis oralement.

Vient ensuite le moment de présenter les produits en espérant que le touriste l’achètera. A titre d’exemple, un sac (chuspa) nécessite trois mois de fabrication : du filage de la laine au tissage. Son prix : 35 soles, soit 10 euros. L’économie du village repose sur ce système qui fonctionne, selon les dires d’un guide originaire de Patabamba. Pour autant, on nous signale au même moment que l’activité principale de ce lieu reste l’agriculture (maïs, pommes de terre, quinoa, petits pois…) et l’élevage.

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