Elodie, une kinésithérapeute qui allie modernité et tradition

Elodie est kinésithérapeute à Mérignies, dans le Nord de la France.« Vous savez comment nous fonctionnons ? ». Cette question, Elodie la pose à tout ceux qui souhaitent prendre rendez-vous avec elle ou avec son associé. Elodie est kinésithérapeute. Diplômée d’état, elle pratique son métier depuis 11 ans. Quiconque est passé entre ses mains, sait qu’Elodie n’est pas une kiné comme les autres. Quand vous franchirez la porte de son cabinet situé à proximité de Lille, préparez-vous à entendre parler méridiens ou encore points d’acupuncture. Rassurez-vous, pas d’aiguilles en vue, le soin passe par le massage, la palpation, comme pour tout kinésithérapeute.

« Lors de ma formation de kiné j’ai fait beaucoup de stages hospitaliers mais c’est vraiment différent du libéral. Dans le libéral, 90% des douleurs sont chroniques. Je me suis retrouvée désarmée. Je n’avais pas de réponses pour certains problèmes de dos ou articulaires », explique la kinésithérapeute de 33 ans. Et puis, le hasard frappe : Au cours d’un séminaire, elle rencontre Wilfried Delamer qui propose des formations en médecine chinoise. Elodie décide de se lancer, apprend les méridiens et les « terrains » schématisés par la médecine traditionnelle chinoise (voir ci-dessous), et façonne une pratique qui mêle médecine traditionnelle chinoise et kinésithérapie classique. « C’est plus facile de maintenir ces anciennes pratiques dans le temps en les mêlant avec le moderne », estime Elodie. Une manière comme une autre de les pérenniser.

Le bouche-à-oreille comme credo

La formation qu’a suivie Elodie n’est pas encore reconnue. L’ordre des Kinésithérapeutes n’a jamais posé de problème. « On n’a pas le droit de piquer en kiné, e qu’on ne fait pas, donc, on reste dans notre décret de déontologie », explique Elodie. D’ailleurs, si elle continue à se référer à son diplôme de kiné, ça n’est pas anodin, « je n’ai pas l’impression de renier ma profession, je l’enrichis ».

Son associé et elle ont décidé de ne pas aller à la rencontre des médecins pour leur expliquer leurs pratiques. Ils préfèrent le bouche-à-oreille. « Ce qui compte c’est le résultat, on s’en fiche un peu de la reconnaissance des médecins », sourit Elodie. Si ces derniers ne savent pas vraiment ce qu’ils font, ils n’hésitent pas à leur envoyer des patients.

La kinésithérapeute originaire de Normandie aimerait tout de même que son travail soit au moins reconnu par les mutuelles, pour une prise en charge plus complète des gens qui viennent la voir.

Une pratique adaptée à chacun

Dans ce compromis -car la médecine traditionnelle chinoise telle qu’elle est pratiquée en occident est plus douce que ce qui se fait en Chine- Elodie s’y retrouve et traite ses patients au cas par cas. « Si quelqu’un vient me voir pour une entorse, je vais pratiquer de la kiné classique, si son entorse est récurrente, ça signifie qu’il y a un déséquilibre au niveau du méridien donc je vais le travailler », à chaque pathologie sa technique.

Les réactions des personnes qu’elle reçoit dans son cabinet varie : « Pour beaucoup, tant qu’on les soulage, le comment, ils s’en fichent. Certains sont plus curieux et posent des questions et d’autres se laissent porter », raconte Elodie. Dans chaque cas, Elodie les écoute et leur parle aussi, avec douceur et toujours avec le sourire. Car la médecine chinoise ne traite pas que le corps : il soigne aussi l’esprit. Ca, Elodie ne l’a pas oublié. « J’aimerais développer le rapport psycho-corporel. Certaines personnes sont en souffrance. Si elles ont compris le problème psychologique, le corps lui ne s’en est pas encore libéré. J’aimerais aller plus loin pour pouvoir toucher des couches plus profondes », confie la kinéthérapeute.

Si sa pratique apporte des réponses à de nombreuses personnes, Elodie aussi y a trouvé son compte. « Ca m’a amené à travailler sur moi. J’ai compris comment je fonctionnais et comment fonctionnaient les autres, c’est important de mettre des mots la-dessus ».

Mieux comprendre le fonctionnement de ceux qui nous entourent permet de se libérer. De cesser de juger l’autre. En sortant du cabinet d’Elodie, c’est aussi ça que l’on a appris.

Les cinq terrains de la médecine traditionnelle chinoise

Chaque personne a un terrain prédominant, en fonction duquel on développe un certain type de pathologies. Certains traits psychologiques peuvent également être reconnus selon les terrains. Les voici.

  • Méridiens du foie et de la vésicule biliaire : l’élément associé est le bois, le sentiment est la colère et l’une des pathologies qui peut se développer est la migraine.
  • Méridiens du poumon et du gros intestin : l’élément associé est le métal, le sentiment est la tristesse et l’une des pathologies qui peut se développer est la dépression ou encore l’asthme.
  • Méridiens du coeur et de l’intestin grêle : l’élément associé est le feu, le sentiment est la joie et l’une des pathologies qui peut se développer est l’infarctus.
  • Méridiens de la rate, de l’estomac et du pancréas : l’élément associé est la terre, le sentiment est la rumination et l’une des pathologies qui peut se développer est le cancer.
  • Méridiens du rein et de la vessie : l’élément associé est l’eau, le sentiment est la peur et l’une des pathologies qui peut se développer est la sciatique.

Attention, si chaque personne a un terrain qui prédomine, les caractéristiques qui en découlent ne sont pas systématiquement notables. Tout comme les pathologies ne vont pas forcément se développer chez la personne. Connaître le terrain d’une personne permet de mieux le traiter. Chaque méridien est lié et tous dépendent les uns des autres.

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