L’Empire Inca, des légendes aux airs de christianisme

Amérindiens, Mayas, Aztèques et Incas. Voici, en substance, ce que l’on connaît, nous occidentaux, des premières civilisations qui peuplèrent l’Amérique avant l’arrivée des colons. Ce sont celles qui ont su marquer leur passage à travers l’histoire.
Lorsque l’on se penche un peu plus sur le sujet, on découvre bien évidemment qu’ils n’étaient pas seuls… et pas forcément les premiers.
Si l’on se concentre sur l’Amérique du Sud, on parlera alors de la mythologie andine. Avant que l’Empire inca s’impose, ce sont les Chimus qui ont régné 500 ans durant. Ils furent ensuite intégrés au sein de l’Empire inca. On retrouve cependant une trace de cette civilisation chez les Incas : leur dieu Pachacamac par exemple, était probablement une de leurs divinités. Viracocha était lui, vénéré par les Indiens de l’Altiplano. Ces derniers vivaient aux alentours du lac Titicaca, à 3 900 mètres d’altitude et leur culture rayonna pendant plus de mille ans.

La majestueuse cité du Machu Picchu, perchée à plus de 2000 mètres d'altitude

La majestueuse cité du Machu Picchu, perchée à plus de 2000 mètres d’altitude

Mais si l’Empire inca est celui qui a marqué les esprits, c’est parce qu’il représentait la puissance dominante à l’arrivée des conquistadores au XVIe siècle. Comme on peut le retrouver chez les peuples amérindiens d’Amérique du Nord, les Incas considéraient que tout être vivant ou toute chose représentait une entité spirituelle. Ils pratiquaient également le culte des ancêtres via la momification des morts par exemple. Une pratique qui fut reprise sous le règne des Incas mais qui aurait existé 5000 ans avant leur venue selon des découvertes archéologiques du XIXe siècle.

Un dieu créateur de toutes choses

Viracocha. Le peuple inca, mais également ses voisins andins, croyaient en l’existence d’un dieu créateur suprême. L’histoire même de la création de l’univers varie selon les peuples andins, pour autant des éléments restaient communs. Comme le lieu : aux abords du lac Titicaca. Les légendes racontent comment Viracocha créa la terre et le ciel puis a mis dans les cieux le soleil et la lune pour que la lumière se fasse au cœur de l’obscurité. Les premières générations d’habitants de cet univers eurent l’image de géants. Des géants qui finirent par déplaire au dieu qui en pétrifia certains et noya les autres lors d’un déluge qui engloutit toute la terre. (Ça ne vous rappelle pas quelque chose ?). Après ce déluge, Viracocha revint faire briller le soleil et la lune qui s’étaient obscurcis et créa les nouveaux habitants de la terre. Il leur donna coutumes et vêtements propres à chaque peuple.

Dans le monde inca, Viracocha était également appelé le maître de la divination et des saisons. La civilisation de Callao avait un dieu : Thunupa. Lui et Viracocha ne serait qu’une seule et même divinité, à la vue de nombreuses similarités dans leur histoire.

Les Indiens du Pérou racontent qu’après la création du monde par Dieu (Viracocha), il le confia à Pachamama, mère de tout, aussi appelée « Sainte Terre ». Les Indiens lui faisaient des offrandes, lui rendaient des hommages et faisaient des sacrifices en son nom, particulièrement le jour de la Saint-Jean, ceux de l’Immaculée Conception mais aussi à Noël. Cette déesse avait la réputation d’être redoutable, capable de déchainer les esprits malins si on la mettait en colère. Pourtant, elle fut souvent comparée par la suite à la Vierge Marie.

Lorsque les conquistadores arrivèrent, les incas les prirent pour une incarnation de Viracocha et les accueillirent donc en conséquence. Mais cela ne dura pas. Ils vinrent à bout de l’empire inca et instaurèrent le christianisme. Pour autant, certaines croyances de ce peuple purent survivre à travers la nouvelle religion imposée. Vous l’aurez même remarqué, il existe beaucoup de similitudes entre les histoires andines et celles racontées dans la Bible. Mais ce n’est pas seulement vrai que chez les Incas. La suite au prochain épisode…

Source : Mythologies, une anthologie illustrée des mythes et légendes du monde – Editions Gründ.